29/02/2008

Saint Soi-Même

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Puisque de toute évidence se sont toujours les autres qui foutent tout en l'air, ben c'est simple, suffit de retirer ses billes et se retirer du monde. Et donc pour l'homme, c'est décidé: à défaut de rentrer dans l'ordre, et ben, il rentrera dans les ordres. Et plus précisément à l'abbaye de Saint Soi-Même, où il se consacrera, outre à Soi-Même évidemment, à l'absorption en quantités non négligeables de Château Chasse-Spleen 2003, à la vision de sites pornographiques en compensation pour sa chasteté, quelque peu forcée et par ailleurs tout à fait involontaire, à la contemplation de la connerie humaine environnante ainsi qu'à la méditation sur les dégâts collatéraux des récents bombardements de sa vie privée. Déjà qu'il crèche dans un ancien couvent, ça devrait aider. Pour une existence cloîtrée, qu'il a donc opté, l'homme. Surtout pas bouger. Surtout pas sortir. De toute façon malheur à celui qui ose quitter son refuge. En train, t'as cinq options: il est bourré, en retard, annulé, en panne ou en grève. En bagnole t'as deux options: ou ça roule et tu te fais flasher ou sa roule pas et tu te tapes 2 heures de file. En vélo/moto/cyclo les options sont encore plus contrastées : t'es le plus rapidos à destination, c'est vrai, mais, si t'as pas de bol, t'es aussi le plus rapidos à l'hosto. Non non, restons calmos à l'intérieur. Sur le chemin du fauteuil au frigo devrait pas y avoir trop de risques ... 

PS : Aah bien sûr, si d'aventure il devait rencontrer l'une ou l'autre nonnette affriolante et tout, il est pas certain qu'il tiendra ses voeux, le mec. Sauf si c'est des voeux pieux. Car niveau pieux, il serait plutôt partant, le gars... 

14:03 | Commentaires (2) |

28/02/2008

Futilité

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C'est pas les grandes tragédies, les grands drames, les grands malheurs qui vous foutent en l'air. Non, c'est l'accumulation des petites promesses non tenues, par les autres, la répétition des petites trahisons, par les autres, l'addition des petites déceptions, causées par les autres. Toujours par les autres. Et puis un jour, la chasse des WC coule, l'évier est bouché ou le chauffage tombe en panne et, ça, dans toute son insignifiance, dans toute sa banalité, dans toute sa futilité, c'est suffisant pour que tout à coup, à l'intérieur, dans la tête, derrière les yeux, la lumière s'éteigne. Qu'on prenne le mur. La boîte à pilules. La bouteille à alcool. Ou tout à la fois. Ou pire encore. Comment pas en arriver là, l'homme sait pas. Pas encore. Va y réfléchir. Vous dira quoi, dès qu'il saura...  

09:52 | Commentaires (3) |

27/02/2008

Tendresse bis

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Allez, l'homme en remet une couche, sur la tendresse. Car la tendresse, il en plein les poches, plein les pognes et même plein les pores. Et il sait pas quoi en faire. Et en même temps, il est en manque. Méchamment en manque. De tendresse précisément. Un rien paradoxal ça, hein, être à la fois rempli de tendresse à ras bord et en baver because pas en avoir assez. C'est qu'il y deux types de tendresse: la tendresse rentrante et la tendresse sortante. Et en plus, pour que ça fonctionne, il faut non seulement être deux, ce qui déjà n'est pas évident, mais en plus les canaux doivent être ouverts des deux côtés aussi, et de préférence en même temps. C'est que ça fait beaucoup tout ça, hein? De là probablement que pour le moment, depuis un bon moment, disons franchement depuis un long moment, la tendresse, et ben... il est sans.

12:50 | Commentaires (6) |

26/02/2008

Droits de la Tendresse

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Pourquoi le monde a t'il tellement peur de la tendresse? Chacun en veut plein et chacun en a plein, alors il est où le problème? Aah le problème c'est que tout le monde reste prudemment retranché dans sa petite vie, dans sa petite peau, dans son petit coeur. Le tout bien barricadé, avec des murs autour et des grilles aux fenêtres. Parce que tout le monde a été blessé par tout le monde et qu'il y a personne sans cicatrices. Alors on préfère l'isolement plutôt que le risque de ramasser de nouvelles blessures. Et ben comme ça, on s'en sortira pas, c'est moi qui vous le dit. Faudrait plutôt ouvrir que fermer, plutôt sortir que s'enfermer, plutôt se rencontrer au lieu de se fuir. Des coups de poings, des coups de pieds, des coups bas, des coups fourrés, d'accord ça fait mal. Mais des coups de tendresse, des coups de coeurs... !? Non non, la tendresse doit absolument devenir un droit et un devoir. Pour tous et toutes. Le droit d'en recevoir et le devoir d'en donner. L'homme est pour une Déclaration Universelle des Droits de la Tendresse. En ces temps de réchauffement de la planète, serait peut être temps qu'il y ait aussi un réchauffement entre les hommes (h/f). Ugh, j'ai dit.

16:22 | Commentaires (0) |

25/02/2008

Désir

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Soudain, sorti du néant, sans raison, venu de nulle part, suscité par personne, le désir surgit. Un désir à l'état brut, sans objet, qui n'existe que par lui-même. Et qui à présent pulse en lourdes vagues roulantes derrière son front, lui gorge les veines, bientôt jusqu'au bord de la rupture, lui durcit les chairs, bientôt jusqu'au bord du spasme. La puissance du désir est plus forte que toute volonté. L'homme doit se rendre. Se rend. Laisse déferler derrière ses yeux fermés, le souvenir de luisances pourpres et entrouvertes. Il en a la réminiscence du parfum dans les narines, du goût sur sa langue, du touché sur ses doigts. Ces mêmes doigts qui maintenant enserrent cette autre chair, autre et sienne à la fois, en atteignent le sommet, pour en redescendre et en reprendre tout aussitôt l'ascension. Encore. Et à nouveau. Et encore. Jusqu'au bout, la brûlure jaillissante du plaisir.

Aaah, c'est pas classe comme érotisme, ça? Ah bon! Et ensuite? Ben le mec, tout tristounet de cet amour sans amour, s'endort sans rêves... 

18:08 | Commentaires (1) |

24/02/2008

La soustraction s.v.p.

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D'accord, l'homme sait écrire. Enfin peut-être, faut voir. Mais compter, alors là, c'est la cata. Surtout quand il doit additionner. Et en particulier, les années. Là, il a dur. Il a dur de croire qu'entre la date de sa naissance et aujourd'hui, y a vraiment tant de temps. Que c'est presque pas possible. Qu'on a dû chipoter avec le compteur. Qu'on lui a cloqué des kilomètres en plus. Et pas un peu. Qu'il se sent comme s'il sortait du dernier salon de l'auto alors qu'en réalité il est déjà une occase. Point de vue frangine, ça pose problème, ça. Il croit encore toujours pouvoir lever une biche alors qu'en fait il pourra être heureux s'il parvient encore à lever une bique. Devra revoir ces passions à la baisse, le gars. Revenir avec les pieds sur terre, s'il veut pas la quitter solitairement seul avec lui-même. Aaah, c'est que ça fait pas du bien quand on y pense, hein, à cette sorte de mathématique. Allez, garçon encore un verre, et la soustraction s'il vous plaît. 

22:54 | Commentaires (1) |

23/02/2008

Empathite B

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J'vous l'ai encore jamais dit, mais l'homme est malade. Souffre d'empathite B, le mec. Comme je connais l'étendue - ou plutôt le manque d'étendue - de votre vocabulaire, dont l'encyclopédie complète tient facilement sur un Post-It, et en plus, limité aux produits du folder de l'Aldi, je vous esplique brièvement de manière succinctement résumée en deux mots: l'empathie c'est tout simplement la capacité de pouvoir se mettre à la place de l'autre. Voila. Et ça, il a de trop, le gars. Supporte pas de savoir que d'autres sont malheureux. Et attention, même s'il connaît pas. Que ce soit ce gosse dans le parc qui se fait engueuler pour rien par son connard de père, cette parfaite inconnue qui pleure sur un quai de gare ou ce mec qui n'a pas de fric pour s'acheter à bouffer, et ben ça le touche. Et donc, même si dehors le ciel est tout bleu, dans son ciel à lui, y a toujours l'un ou l'autre nuage pour voiler son soleil. Il parvient jamais à dire maintenant c'est à moi, c'est mon tour, c'est mon moment-bonheur, j'en profite à mac et le reste on s'en fout. Très pénible, l'empathite B. D'autant qu'elle est chronique, puisqu'on rencontre toujours bien quelqu'un de malheureux quelque part..  

15:51 | Commentaires (4) |